Projection, image claire et refraiming, j'adore !
Petit partage aujourd'hui sur ma séance de coaching d'hier après-midi, avec P. , une personne participant à mon groupe de parole en visio et souffrant d'anorexie et de boulimie nerveuse (elle se fait vomir quand elle a l'impression d'avoir trop mangé). La pathologie est bien installée, cela fait 20 ans qu'elle vit avec. Depuis 6 mois, en groupe de parole, j'entends son discours récurrent, très ambivalent : "J'ai envie de guérir, mais je ne crois pas que je puisse y arriver. Une part de moi a envie de guérir, mais l'autre veut garder "ce plaisir". Résultat, malgré des échanges sur les croyances, en groupe, par ci-par-là, pas beaucoup d'évolution, aucun passage à l'action, et toujours beaucoup de résistances. On a démarré un accompagnement il y a 10 jours. La première séance a permis de déblayer le terrain. Je connais son discours, ses peurs, ses blocages, j'ai eu les mêmes durant des années. Le principal problème que je vois, en plus des croyances, c'est l'absence de projection en tant que personne guérie. Elle n'a AUCUNE image claire, elle ne se "voit" pas s'en sortir, donc il lui est difficile de se connecter à l'énergie de l'espoir et de la guérison. Qu'à cela ne tienne, en guise de deuxième séance, je lui propose un gros refraiming pour aller rencontrer la version d'elle du futur. Je mets une playlist créée pour les ateliers. Des musiques inspirantes pour la mettre dans une belle ambiance, puis je l'invite à fermer les yeux et nous partons toutes les deux dans ce voyage sensoriel, à la rencontre de la Femme de 46 ans, complètement guérie des TCA, définitivement libérée de l'anorexie et de la boulimie, heureuse de manger un pain au chocolat sans culpabilité et capable de s'arrêter quand elle est rassasiée physiquement et comblée émotionnellement. Pendant une heure et demie, tout y passe : on rencontre la femme qui sort de la boulangerie et qui découvre un monde nouveau qu'elle ne remarque jamais (le ciel est bleu, la température est douce, elle marche plus lentement, elle croise des regards bienveillants, elle sourit aux enfants), puis on se projette avec son compagnon, dans leur relation désormais sans cachotterie, sans mensonge, sans peur d'être découverte, une relation plus sincère et authentique. Puis on retrouve sa fille, qui nous partage sa fierté de voir sa maman guérie, le fait qu'elle soit désormais rassurée que la "mal-a-dit" soit finie. La joie est revenue et la paix intérieure aussi.