La thyroïde : et si elle ne faisait pas que “ralentir”?
On parle beaucoup de la glande thyroïde, parce qu’on le sait, elle contrôle une bonne partie du métabolisme énergétique. Par contre, est-ce qu’on comprend vraiment ce qui se passe avec la thyroïde? Est-ce qu’on comprend pourquoi le corps peut décider d’avoir une fonction thyroïdienne un peu réduite? Regardons ça ensemble.
La glande thyroïde produit des hormones thyroïdiennes, principalement de la T4 et une plus petite quantité de T3. Le point important ici, c’est que la majorité de la T3, qui est l’hormone active, n’est pas produite directement par la glande thyroïde elle-même. Elle est produite en périphérie, donc à l’extérieur de la glande, dans différents tissus.
C’est là qu’on devrait commencer à se poser des questions.
Pourquoi est-ce que le corps veut autant contrôler la quantité de T3 disponible localement? Tout simplement parce que la T3 augmente la dépense énergétique, influence la production d’énergie cellulaire et augmente aussi la sensibilité de certains récepteurs du système nerveux, notamment les récepteurs bêta-adrénergiques.
Donc, c’est logique que le corps veuille garder un certain contrôle. Il est utopique de penser qu’on peut simplement “augmenter la thyroïde” sans comprendre pourquoi elle roule plus bas, c’est un peu comme vouloir forcer une seule pièce dans un énorme engrenage. Le problème, c’est que cet engrenage est influencé par plusieurs facteurs : l’état énergétique, le stress, le sommeil, l’inflammation, l’état du fer, l’anémie, l’apport en iode, les carences nutritionnelles, la récupération et la charge globale sur le système nerveux.
Oui, certaines carences peuvent nuire à la fonction thyroïdienne. Le fer, par exemple, est important. L’iode aussi. Par contre, la thyroïde ne fonctionne pas dans le vide. Si le corps manque d’énergie, s’il est inflammé, s’il est sous stress chronique ou s’il doit déjà gérer une charge physiologique trop élevée, il peut très bien réduire l’activité thyroïdienne comme mécanisme d’adaptation.C’est là que la question devient intéressante.
Si une personne reçoit du Synthroid, on lui donne de la T4. Dans certains cas, ça peut être nécessaire et parfaitement justifié. Le point n’est pas de dire que la médication est mauvaise. Le point est plutôt de comprendre que si on ajoute de la T4 sans comprendre pourquoi le système était ralenti au départ, on risque de corriger un chiffre sans corriger le contexte.
Au départ, la personne peut se sentir mieux. Les analyses peuvent s’améliorer. Par contre, si la cause sous-jacente est toujours présente, le corps peut continuer à limiter l’activité thyroïdienne globale, soit en modulant la stimulation de la glande, soit en influençant la conversion périphérique de la T4 vers la T3 active.
C’est encore plus évident lorsqu’on parle de T3 directe, comme le Cytomel. La T3 est beaucoup plus active. Elle peut augmenter la dépense énergétique, mais elle peut aussi augmenter la sensibilité du système nerveux aux catécholamines. Chez une personne déjà épuisée, anxieuse, sous stress chronique ou en déficit de récupération, ce n’est pas toujours anodin.
Il faut comprendre ici que le corps ne cherche pas toujours à optimiser la performance. Il cherche d’abord à survivre, à préserver ses ressources et à maintenir un certain équilibre.
Donc, si le système nerveux est déjà surchargé, est-ce si illogique que le corps veuille baisser un peu la charge adrénergique? Est-ce si illogique qu’il réduise légèrement l’activité thyroïdienne pour conserver de l’énergie et éviter d’en demander plus à un système qui n’arrive déjà pas à récupérer?
Le corps ne panique pas parce que les hormones thyroïdiennes sont un peu plus basses, tant qu’elles restent dans des zones cliniquement acceptables. Parfois, ce ralentissement relatif peut être une tentative de protection.
C’est pour cette raison qu’en santé intégrative, on ne devrait pas seulement se demander comment augmenter la thyroïde. On devrait d’abord se demander pourquoi le corps semble avoir décidé de la ralentir.
Une thyroïde qui roule plus bas n’est pas toujours le problème de départ.
Dans bien des cas, c’est le message.
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Mathieu Bouchard
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La thyroïde : et si elle ne faisait pas que “ralentir”?
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