La culpabilité parentale est devenue la nouvelle excuse socialement acceptable pour éviter de vivre notre véritable émotionnel
Une maman mâa posĂ© cette question, trĂšs juste : âQuand je culpabilise, est-ce que je dois vivre cette Ă©motion comme les autres ? Ne pas la rejeter ? Y voir un indice sur mes besoins et mes valeurs ? Ou est-ce simplement une rumination mentale Ă ignorer ?â Câest une question sincĂšre. Consciente. Et pourtant⊠elle repose sur un malentendu. La culpabilitĂ© nâest pas une Ă©motion primaire. Câest une construction mentale. Elle apparaĂźt quand il y a une dissonance entre : â la personne que vous voudriez ĂȘtre, â et celle que vous avez Ă©tĂ© Ă cet instant prĂ©cis. đ âJâaurais voulu faire autrement.â Les animaux ne culpabilisent pas. La culpabilitĂ© est strictement humaine. Chez les parents, elle change de forme avec le temps. Au dĂ©but : â culpabilitĂ© dâavoir criĂ©, â culpabilitĂ© dâavoir dĂ©passĂ© une limite. Plus tard : â culpabilitĂ© de ne pas ĂȘtre âassezâ, â de ne pas rĂ©parer ce que lâon a reçu, â de ne pas offrir mieux Ă ses enfants. La forme Ă©volue. Le mĂ©canisme reste identique. On dit souvent que la culpabilitĂ© nous parle de nos valeurs. Câest vrai⊠mais incomplet. Dans la majoritĂ© des cas, la culpabilitĂ© sert surtout Ă Ă©viter de ressentir autre chose. Elle permet de rester : â la victime, â ou le coupable. Dans les deux cas, on ne traverse pas lâĂ©motion primaire. DerriĂšre la culpabilitĂ©, il y a souvent : â lâimpuissance, â la tristesse, â la peur, â lâacceptation de ce qui est⊠sans pouvoir le contrĂŽler. Et ça, le mental dĂ©teste. Pourquoi ? Parce que vivre pleinement une Ă©motion fait disparaĂźtre certaines pensĂ©es et fait âmourirâ dâanciennes identitĂ©s. Alors le mental prĂ©fĂšre vous maintenir occupé·e Ă culpabiliser. Mais dire âje me sens coupableâ ce nâest pas vivre une Ă©motion. La culpabilitĂ© est secondaire. La vraie question nâest donc pas : đ âPourquoi est-ce que je culpabilise ?â Mais : đ âQuâest-ce que jâĂ©vite de ressentir, lĂ , maintenant ?â TrĂšs souvent, cette culpabilitĂ© ne vient pas de vos enfants. Elle vient de votre histoire.