Une maman m’a posé cette question, très juste :
“Quand je culpabilise, est-ce que je dois vivre cette émotion comme les autres ?
Ne pas la rejeter ?
Y voir un indice sur mes besoins et mes valeurs ?
Ou est-ce simplement une rumination mentale à ignorer ?”
C’est une question sincère. Consciente.
Et pourtant… elle repose sur un malentendu.
La culpabilité n’est pas une émotion primaire. C’est une construction mentale.
Elle apparaît quand il y a une dissonance entre :
– la personne que vous voudriez être,
– et celle que vous avez été à cet instant précis.
👉 “J’aurais voulu faire autrement.”
Les animaux ne culpabilisent pas. La culpabilité est strictement humaine.
Chez les parents, elle change de forme avec le temps.
Au début :
– culpabilité d’avoir crié,
– culpabilité d’avoir dépassé une limite.
Plus tard :
– culpabilité de ne pas être “assez”,
– de ne pas réparer ce que l’on a reçu,
– de ne pas offrir mieux à ses enfants.
La forme évolue. Le mécanisme reste identique.
On dit souvent que la culpabilité nous parle de nos valeurs.
C’est vrai… mais incomplet.
Dans la majorité des cas, la culpabilité sert surtout à éviter de ressentir autre chose. Elle permet de rester :
– la victime,
– ou le coupable.
Dans les deux cas, on ne traverse pas l’émotion primaire.
Derrière la culpabilité, il y a souvent :
– l’impuissance,
– la tristesse,
– la peur,
– l’acceptation de ce qui est… sans pouvoir le contrôler.
Et ça, le mental déteste.
Pourquoi ?
Parce que vivre pleinement une émotion fait disparaître certaines pensées et fait “mourir” d’anciennes identités.
Alors le mental préfère vous maintenir occupé·e à culpabiliser.
Mais dire “je me sens coupable” ce n’est pas vivre une émotion.
La culpabilité est secondaire.
La vraie question n’est donc pas :
👉 “Pourquoi est-ce que je culpabilise ?”
Mais :
👉 “Qu’est-ce que j’évite de ressentir, là, maintenant ?”
Très souvent, cette culpabilité ne vient pas de vos enfants. Elle vient de votre histoire.
De parents qui n’ont pas su accueillir les émotions :
“Arrête de pleurer.”
“Tu es trop.”
“Tu déranges.”
On apprend alors à culpabiliser… d’avoir des émotions.
On vit à l’envers.
Vous n’êtes pas vos pensées.
Vous n’êtes pas votre culpabilité.
Vous êtes la conscience capable d’observer… et de traverser.
C’est là que la libération commence.
💬 Question ouverte :
Qu’est-ce que la culpabilité vous empêche de ressentir aujourd’hui ?