Coucou, évidemment je me reconnais dans tes écrits. Romain est parti fin août, pour sa première année en école d’ingénieur. Pas encore 18 ans et déjà loin de moi. Tout a basculé, j’ai commencé à pleurer même sous la douche. Ce moment, je le redoutais depuis sa troisième mais je ne pensais pas réagir ainsi. Et puis un accident de trajet et tous les traumas vécus, me sont revenus en pleine tête. J’ai voulu en finir car je sentais que je ne servais à rien à personne . Je n’arrivais pas à me projeter une seconde après. J’ai demandé de l’aide aux médecins qui m’ont écoutée . Ma famille « bois de l’eau, ça passera « . Traitement et rien. Et puis j’insiste auprès de mon médecin traitant. Bilan, carence phénoménale en vitamine D, vitamine E puis des douleurs au ventre qui m’empêchent de dormir. Je reprends le boulot et là, résultats , albumine très très basse. Alors j’attends. J’attends car je sais que mentalement, ça va , que tous les antidépresseurs, et autres médicaments du psy, ne fonctionnent pas. Mes douleurs sont intenses et j’accepte enfin de baisser les bras car j’étais présente pour tout le monde mais pas pour moi. La validation de mes 5 blocs de compétences conduisant à mon titre RNCP, ne me réjouit même pas et pourtant faire un bachelor à plus de 50 ans, c’est très dur. Je stresse car Romain débute sa grosse semaine de partiels et sa soutenance . Je me dis que c’est humain et je l’accepte. C’est mon fils. Il a sacrifié son temps libre, sa famille, ses amis, ses sports, fonçant dans son programme de révisions. 15 jours après son installation, il perd son grand-père paternel puis ma mère part en EVASAN à la Timone, puis puis puis. Il a tenu, il est tout ce que je n’ai pas réussi à être à toutes les étapes , les épreuves de ma vie. C’est un peu de moi qui se concrétise. Voilà mes mots, qui expliquent mon silence. Je t’embrasse, Marie-Ange