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30 contributions to MENSOR: La réVolution pSy
Je suis trop gentil(le) ou le chant du pigeon
« Je suis trop gentil(le). » Cette phrase arrive souvent après beaucoup de fatigue. Après les services rendus, les heures à écouter, les arrangements, les renoncements. Elle arrive quand quelqu’un finit par regarder sa propre vie et se demande : « Avec tout ce que je fais pour eux, comment peuvent-ils me traiter comme ça ? » On entend la déception. Mais derrière cette déception, j’aimerais que nous puissions entendre une autre question : qu’espérais-je recevoir en donnant autant de moi-même ? Qu’est ce que j’attends en retour ? Alors que je dis que je n’attends rien… Parce que , dans « je suis trop gentil(le) », une demande d’enfant continue de s’exprimer . Un enfant qui a appris qu’il fallait faire pour être aimer. Un enfant à qui l’on disait : « Heureusement que tu es là. » « cet enfant est adorable , il est facile » il travaille bien à l’école . Il écoute, il est sage . Ils m’aident à la maison surveille ses frères et sœurs , va faire tout bien pour plaire . Voilà le prix pour être aimé . Et qui pouvait entendre : « Pour que tu aies ta place, nous devons avoir besoin de toi. » Cet enfant grandit. Il devient capable, disponible, attentif. On l’appelle pour les problèmes, les urgences, les chagrins. On admire sa force, son dévouement, sa générosité, sa disponibilité . On dit qu’on peut toujours compter sur lui. Et lui continue de donner, sans même se demander s’il en a envie. La question arrive trop tard, quand il est épuisé, quand il a déjà dit oui, quand il se retrouve seul avec une colère qu’il n’ose pas reconnaître. Comment pourrait-il être en colère contre ceux qu’il aime, alors qu’il attend de l’attention ? Alors il retourne cette colère contre lui : « Je suis bête. Je suis trop gentille. » Dans le modèle que j’appelle le Transposé Familia, je m’intéresse à cette première place que nous avons appris à occuper dans notre famille, et à la manière dont nous pouvons la transporter dans nos relations. Celui qui devait rassurer peut continuer à rassurer partout. Celle qui recevait de l’attention lorsqu’elle rendait service peut continuer à chercher sa valeur dans ce qu’elle apporte. Les personnes changent, les circonstances changent, mais une même question demeure : « Qu’est-ce que je dois faire pour que tu me portes de l’attention ? Pour que j’existe ? »
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Excellente fin ! 🤣 Tout est tristement vrai et tellement satisfaisant quand cela n’est plus. Merci 🙏❤️ pour vos partages 😊
FILLES MÈRES : LA HONTE EN HÉRITAGE
Quand les femmes portaient la faute d’avoir donné la vie… J’aimerais vous raconter quelque chose qui, aujourd’hui, peut nous sembler absolument invraisemblable, et qui pourtant appartient à une époque beaucoup plus proche de nous que nous ne l’imaginons. Une petite fille a douze ans, peut-être treize. Un matin, elle découvre du sang dans sa culotte. Elle est inquiète. Elle ne comprend pas nécessairement ce qui lui arrive. Elle croit peut-être même qu’elle est malade. Alors, naturellement, elle va trouver sa mère, celle qui est censée la rassurer, lui expliquer le monde, la protéger de ce qu’elle ne connaît pas encore. Et sa mère lui donne une gifle. Une gifle, sans un mot. Cela peut vous paraître incroyable, mais ce geste a réellement fait partie des traditions de certaines familles. À l’apparition des premières menstruations, la jeune fille recevait une claque de sa mère, parfois de sa grand-mère. Un geste transmis d’une génération à l’autre, comme une sorte de rite de passage dans le monde des femmes. Mais réfléchissons un instant à ce que pouvait recevoir psychologiquement cette enfant. Elle découvre que son corps est en train de changer. Elle n’a encore rien demandé, rien fait, rien transgressé. Elle vient simplement d’entrer dans une nouvelle étape de son développement biologique. Et la première réponse qu’elle reçoit est une violence. Quel extraordinaire message envoyé à une enfant au moment même où elle découvre sa féminité ! Son corps vient de lui annoncer qu’il devient capable, un jour, de porter la vie. Et sa mère, au lieu de célébrer cette transformation ou de l’accompagner avec tendresse, lui signifie par un geste dont le sens reste parfois inexpliqué que quelque chose de grave vient de se produire. Je voudrais que nous imaginions un instant cette petite fille. Sa joue lui fait mal. Mais ce qui restera peut-être bien plus longtemps, c’est l’incompréhension. Pourquoi sa mère l’a-t-elle frappée ? Qu’a-t-elle fait de mal ? Pourquoi ce sang qui apparaît naturellement dans son corps provoque-t-il une telle réaction ?
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Merci Myriam pour votre essai. J’ai des amies dont la mère n’a jamais rien expliqué concernant les menstruations ou la sexualité. Maman l’a fait mais de manière très lourde et officielle. J’ai opté pour la discussion ouverte à table avec tous mes enfants. Il y a encore beaucoup de chemin à faire parmi une grande partie de la population pour évoluer, oser parler. C’est beau de souligner les améliorations que nous pouvons apporter à notre société. Gratitude 🙏
LA REVOLTE DES LYCÉENS
L’adolescence face au pouvoir Quand l’autorité oublie de protéger Ce que je vais vous proposer est une lecture personnelle. Elle n’engage que moi. Je l’aborde à travers le Transposé Familia, mon modèle de lecture des places et des relations que nous pouvons rejouer au-delà de notre famille. Je voudrais partir d’une question qui me touche profondément : que devient un adolescent lorsque ceux qui sont chargés de le protéger commencent à avoir peur de lui ? À cet âge, une voix cherche sa place. Elle peut être maladroite, trop forte, brusquement interrompue par les larmes. Elle peut aussi être précise et percevoir une injustice que les adultes ont fini par ne plus regarder. Mais elle doit franchir quelque chose de difficile : devenir une voix à soi, devant ceux dont on dépend encore. L’adolescent se détache. Et, dans ce mouvement, il reste vulnérable. Il peut vouloir quitter la maison et avoir besoin, le soir même, de vérifier que quelqu’un l’attend. Il peut refuser une décision tout en espérant que la relation survive à son refus. Cette tension mérite d’être accompagnée. Grandir demande de pouvoir s’éloigner sans vivre chaque pas comme une perte d’amour ou de sécurité. L’adolescence est une période de transformations physiques, émotionnelles et sociales. La qualité des relations et la présence d’un environnement protecteur comptent dans cette traversée. Nous le savons. Pourtant, dans certaines situations, nous demandons à un jeune de montrer une stabilité que son entourage ne lui a pas suffisamment permis de construire. On lui explique qu’il doit se projeter. Mais il regarde l’avenir et cherche une place où vivre. On lui demande de prendre ses responsabilités. Mais les décisions qui le concernent arrivent parfois déjà prises. Il voudrait apprendre à participer, et découvre qu’on attend surtout de lui qu’il accepte. Il peut alors y avoir, dans sa colère, cette question très nue : « À quel moment est-ce que ma vie commence à m’appartenir ? » Une mobilisation lycéenne porte des revendications qu’il faut examiner pour elles-mêmes. Un jeune peut contester une décision parce qu’elle est injuste, parce qu’elle dégrade ses conditions d’études ou parce qu’il en comprend les conséquences. Sa parole politique a une valeur propre. Mon regard sur les dynamiques inconscientes vient explorer la relation au pouvoir, sans retirer cette valeur à ce qu’il dit.
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Bravo et merci pour vos analyses ❤️🌹
Ma mère la pauvre……
Ce que je vais vous dire n’engage que moi. C’est mon point de vue, nourri par mon travail et par les grilles de lecture mon expérience et ce que j’ai développé, le Transposé Familia et le Transposé Totallis. Je vous propose de regarder une place dans la famille : celle de l’enfant qui a tellement compris sa mère qu’il n’a jamais eu le droit de se comprendre lui-même. « ma mère, la pauvre. » Cette phrase arrive parfois au moment précis où quelqu’un commence à parler de lui. « Vous étiez souvent seul enfant ? » « Oui, mais ma mère, la pauvre, elle travaillait beaucoup. » « Vous pouviez lui raconter votre chagrin ? » « Elle était dépressive. Elle avait déjà tellement de problèmes. » « Et quand vous aviez peur ? » « Ma mère était malade. Vous comprenez, ce n’était pas de sa faute. » Je comprends. Mais j’aimerais savoir qui vous consolait. Un adulte est venu parler de son enfance. Quelques minutes plus tard, nous connaissons les malheurs de sa mère. Nous savons qu’elle était seule, pauvre, abandonnée, orpheline déprimée . Nous savons qu’elle n’avait pas été aimée. L’enfant dont nous devions parler a de nouveau quitté la conversation. Il a laissé sa place. « Ma mère était orpheline. Sa propre mère est morte en couches. » Alors la souffrance change de génération avant même d’avoir pu être entendue. Nous sommes auprès d’une petite fille d’autrefois, celle qui deviendra la mère. Et auprès de l’enfant qu’elle a eu, plus tard, il n’y a toujours personne. Toute l’histoire de la mère peut être vraie. Son épuisement peut être vrai. Sa maladie, sa solitude, son deuil peuvent être vrais. L’enfant a pourtant eu froid dans cette maison. Il a eu peur. Il a attendu un regard. La vérité de l’une n’efface pas la vie de l’autre. Un enfant ne rencontre pas sa mère avec un dossier entre les mains. Il ne connaît pas toute son histoire. Il connaît une porte qui reste fermée. Une voix qu’il faut surveiller. Un visage sur lequel il cherche la permission de s’approcher. Il connaît le moment où il a quelque chose à dire et où il comprend que ce n’est encore pas le bon moment.
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Merci … il doit y avoir tant de personnes dans ce cas…
la passion, l'amour, la perte....
La passion a mauvaise réputation. On l’a rangée du côté de l’excès, de la perte de contrôle, du danger. On nous explique qu’une relation saine devrait être suffisamment calme pour ne jamais nous bouleverser trop profondément. Comme si l’intensité constituait déjà une preuve de dysfonctionnement. Je ne partage pas cette idée. Je crois que nous avons fini par confondre la passion avec certaines de ses dérives. Une passion peut devenir destructrice. Bien sûr. Comme n’importe quelle relation humaine lorsque la peur, la possession ou la dépendance prennent toute la place. Mais la passion elle-même raconte autre chose. Elle raconte parfois une reconnaissance extraordinairement dense. Lorsque nous rencontrons quelqu’un, notre conscience voit une personne. Notre inconscient, lui, reçoit des centaines d’informations simultanément. Une façon de tourner la tête. Un rythme de parole. Une odeur. Une manière d’attendre avant de répondre. Une façon particulière de sourire lorsqu’on est gêné. Une intelligence. Un silence. Une manière de toucher. Une fragilité que personne d’autre ne remarque. Et parfois, plusieurs de ces éléments rencontrent quelque chose qui existait déjà en nous. J’appelle cela des points de colle. Le mot est volontairement simple. Un point de colle, c’est un endroit où l’autre adhère immédiatement à une partie de notre histoire. Quelque chose reconnaît quelque chose. Cela peut venir d’un souvenir extrêmement ancien, d’une sensation de sécurité, d’une absence, d’une blessure, d’une personne aimée autrefois, d’un climat familial, d’une manière d’être regardé. Cela peut aussi rencontrer quelque chose que nous n’avons jamais vécu, mais que nous attendions depuis toujours sans savoir que nous l’attendions. Voilà pourquoi certaines rencontres prennent quelques mois pour devenir importantes et que d’autres déplacent notre monde en quelques heures. La raison n’est pas nécessairement que nous connaissons déjà l’autre. C’est que beaucoup de choses en nous le reconnaissent avant même que nous le connaissions.
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Merci 🙏
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Florence Noyel
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@florence-noyel-1544
Attachée à la promotion du médicament

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Joined Jun 15, 2026
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