Je vais partir d’une hypothèse radicale : notre histoire de vie serait préprogrammée. Toute notre histoire. Pas au sens où chaque événement aurait été écrit à l’avance par une force extérieure, mais au sens où notre trajectoire pourrait être la conséquence logique des informations détenues par notre inconscient. Nos rencontres, nos choix, nos répétitions, nos réussites, nos échecs, notre rapport à l’amour, à l’argent, à la reconnaissance, à la sécurité, au pouvoir, à la place que nous occupons dans le monde pourraient appartenir à une seule et même architecture. C’est précisément le principe du Transposé Totallis : chercher derrière l’histoire visible l’architecture invisible qui la produit. Nous ne naissons pas sur une page blanche. Lorsque nous arrivons au monde, une histoire existe déjà. Une famille possède déjà ses règles, ses peurs, ses silences, ses fidélités, ses ruptures, ses représentations de l’amour, de la réussite, du danger, du manque, de la place de l’homme, de la femme, de l’enfant. Certaines de ces informations appartiennent à la génération qui nous précède. D’autres viennent de beaucoup plus loin. À cette première architecture vont immédiatement s’ajouter notre gestation, notre naissance, notre relation à la mère, au père, notre place dans la fratrie, nos expériences de sécurité ou d’insécurité, de reconnaissance, d’abandon, de séparation, de réussite, d’échec, d’amour ou de rejet. L’inconscient enregistre, associe, organise et construit une cohérence. Très tôt, certaines informations peuvent devenir des règles internes. Pour être aimé, je dois être utile. Pour ne pas être abandonné, je dois m’adapter. Pour appartenir à ma famille, je ne dois pas dépasser les autres. Pour être en sécurité, je dois contrôler. Aimer signifie souffrir. Réussir signifie trahir. Être visible signifie être en danger. Ces informations peuvent devenir tellement intégrées que nous ne les percevons plus comme des apprentissages. Nous les prenons pour la réalité. Parfois même pour notre identité.