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MENSOR: La réVolution pSy

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VIBE

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3 contributions to MENSOR: La réVolution pSy
La souveraineté relationnelle
aujourd’hui je vais vous parler de ce qu’est la réalité de chacun, et pourquoi quand on travaille sur soi, on change d’entourage et de réalité, .. je vous explique ….un véritable travail sur soi, où l’on ne change pas seulement sa manière de penser. On change l’endroit intérieur depuis lequel on existe. Et quand cet endroit change, tout ce qui nous entoure commence, lui aussi, à se réorganiser. J’aime imaginer notre monde émotionnel comme un petit immeuble de cinq étages. Au rez-de-chaussée, il fait sombre. Il y a peu de lumière. L’air est lourd. Les couloirs ne sont pas très accueillants. On y croise des personnes qui prennent beaucoup de place, qui demandent beaucoup, qui culpabilisent, qui manipulent parfois, qui franchissent les limites. Et surtout, au rez-de-chaussée, on vit souvent avec cette croyance terrible : pour être aimé, je dois donner. Pour être aimé, je dois supporter. Pour être aimé, je dois comprendre tout le monde. Pour être aimé, je dois pardonner l’impardonnable. Pour être aimé, je dois me sacrifier. Alors on donne son temps, son énergie, son argent, son attention, sa disponibilité, parfois même sa dignité. Et on appelle cela de l’amour. Pourtant, très souvent, ce n’est pas de l’amour. C’est une stratégie de survie relationnelle. C’est l’enfant en nous qui a appris qu’il fallait devenir utile pour ne pas être abandonné. Qu’il fallait être gentil pour ne pas être rejeté. Qu’il fallait se taire pour conserver le lien. Qu’il fallait prendre soin des autres pour avoir le droit d’exister dans leur vie. Tant que cette programmation est active, nous habitons symboliquement les étages les plus bas de l’immeuble. Et ce qui est très troublant, c’est que nous allons naturellement rencontrer des personnes compatibles avec cet endroit-là. Pas parce que nous les méritons. Pas parce que nous les choisissons consciemment. Mais parce qu’un système relationnel cherche toujours sa complémentarité. Celui qui a appris à se sacrifier rencontre facilement celui qui a appris à prendre. Celui qui a peur d’être abandonné rencontre facilement celui qui menace de partir. Celui qui culpabilise rencontre facilement celui qui accuse. Celui qui ne sait pas dire non rencontre facilement celui qui demande toujours davantage. Et chacun devient, malgré lui, le miroir du programme de l’autre. Puis un jour, quelque chose commence à changer. On travaille sur soi. On comprend. On désintrique. On rend les culpabilités qui ne nous appartiennent pas. On cesse de croire que dire non signifie être mauvais. On cesse de croire qu’avoir des limites signifie être égoïste. On cesse de croire qu’être aimé suppose de souffrir. Et progressivement, on monte d’un étage. Puis d’un autre. La lumière change. L’air devient plus respirable. Les relations changent de texture. On commence à rencontrer des personnes qui ne nous demandent pas de nous diminuer pour rester auprès d’elles. Puis quelque chose de plus profond encore se produit : le sacrifice disparaît. Et lorsque le sacrifice disparaît, une immense partie des relations toxiques devient tout simplement impossible à maintenir. Parce qu’une relation fondée sur votre culpabilité ne peut plus fonctionner lorsque vous ne culpabilisez plus. Une relation fondée sur votre peur de perdre l’autre ne peut plus fonctionner lorsque vous n’avez plus peur d’être seul. Une relation fondée sur votre disponibilité permanente ne peut plus fonctionner lorsque vous savez dire non. Une relation fondée sur votre besoin d’être indispensable ne peut plus fonctionner lorsque vous comprenez enfin que vous n’avez pas besoin d’être nécessaire pour être aimé. C’est là que l’entourage se modifie. Certaines personnes s’éloignent. Certaines relations se terminent. Certaines tensions apparaissent. Et beaucoup pensent alors qu’ils ont fait quelque chose de mal. En réalité, le contrat implicite a simplement changé. Avant, vous étiez peut-être la personne qui réparait, qui arrangeait, qui sauvait, qui payait, qui prenait sur elle, qui se rendait disponible, qui avalait ses blessures, qui maintenait le lien à n’importe quel prix. Puis un jour, vous avez cessé. Vous êtes resté aimant, mais vous n’êtes plus sacrifiable. Vous êtes resté généreux, mais vous n’êtes plus exploitable. Vous êtes resté empathique, mais vous n’êtes plus disponible pour toutes les projections. Vous êtes resté profondément humain, mais vous avez retrouvé votre souveraineté. Et c’est souvent à cet instant que certaines personnes disparaissent. Non pas parce que vous êtes devenu mauvais. Mais parce qu’elles n’avaient peut-être jamais appris à vous rencontrer autrement qu’à travers la fonction que vous remplissiez pour elles. Et plus vous montez dans cet immeuble intérieur, plus les rencontres changent. Aux étages supérieurs, on rencontre des gens qui ne viennent pas chercher un sauveur. Ils n’ont pas besoin de vous pour tenir debout. Ils ne viennent pas remplir leur vide avec votre énergie. Ils n’ont pas besoin que vous vous diminuiez pour se sentir grands. Ils n’ont pas besoin que vous soyez fragile pour se sentir forts. Ils peuvent simplement être là. Avec vous. À côté de vous. Et c’est une révolution immense, parce qu’on découvre alors une autre forme d’amour : l’amour qui ne repose pas sur le besoin. L’amour qui ne dit pas : « j’ai besoin de toi pour aller bien ». Mais : « je vais bien, tu vas bien, et j’ai profondément envie de partager quelque chose avec toi ». C’est là que commence, pour moi, la véritable rencontre. Deux êtres qui ne s’utilisent pas. Deux êtres qui ne se sauvent pas. Deux êtres qui n’ont pas besoin de se posséder. Deux êtres capables de se respecter parce qu’ils n’attendent pas l’un de l’autre qu’il répare leurs blessures. Et lorsqu’on arrive à cet étage-là, on comprend quelque chose d’essentiel : retrouver sa lumière ne signifie pas devenir supérieur aux autres. Cela signifie simplement arrêter de vivre dans des endroits intérieurs qui nous obligent à nous trahir. Reprendre sa place, c’est cesser de négocier sa dignité. Reprendre sa souveraineté, c’est cesser de demander la permission d’exister. Retrouver son respect, c’est arrêter de payer l’amour avec du sacrifice. Et alors oui, dans ma grille de lecture, on pourrait dire que la fréquence change, parce que l’état émotionnel, les choix, les limites, les comportements, les attentes et les rencontres changent ensemble. La réalité relationnelle se transforme parce que nous ne répondons plus aux mêmes situations, nous ne tolérons plus les mêmes choses, nous ne sélectionnons plus les mêmes personnes et nous ne nourrissons plus les mêmes dynamiques. C’est comme changer d’étage dans le même immeuble. Vous pouvez vivre toute votre vie au rez-de-chaussée en pensant que l’immeuble entier ressemble à cela. Puis monter un jour au cinquième étage, ouvrir une fenêtre, voir la lumière entrer et comprendre que le monde n’a jamais été uniquement sombre. Vous habitiez simplement un endroit qui l’était. Et notre système émotionnel peut nous faire monter et descendre dans cet immeuble. Certains matins, on se réveille déjà en se disant : « Je le sens, cette journée va être horrible. » Et sans même nous en rendre compte, nous descendons symboliquement plusieurs étages. Nous devenons plus méfiants, plus tendus, plus irritables. Nous interprétons davantage les événements comme des agressions. Nous remarquons tout ce qui confirme notre état intérieur. Et toute la journée semble venir valider la programmation du matin. À l’inverse, lorsque nous nous réveillons dans un état de sécurité intérieure, lorsque nous savons que nous pouvons faire face, lorsque nous n’attendons plus du monde qu’il nous donne notre valeur, notre manière de percevoir, de choisir et d’interagir change. Et la réalité vécue change avec elle. Voilà peut-être pourquoi deux personnes peuvent traverser exactement la même journée et raconter deux mondes totalement différents. Nous ne regardons jamais la réalité uniquement avec nos yeux. Nous la regardons aussi avec nos blessures, nos mémoires, nos peurs, nos croyances et nos programmes. Et travailler sur soi, ce n’est peut-être pas fabriquer une nouvelle personnalité. C’est retirer progressivement tout ce qui nous empêchait d’habiter notre véritable place. Jusqu’au jour où l’on comprend que les belles relations ne commencent pas lorsque quelqu’un vient enfin nous aimer suffisamment. Elles commencent lorsque nous cessons de nous abandonner pour être aimés. À partir de là, quelque chose devient très simple. Les personnes qui avaient besoin de notre sacrifice ne trouvent plus leur place. Les personnes qui avaient besoin de notre culpabilité n’ont plus de prise. Les personnes qui avaient besoin de notre faiblesse ne savent plus quoi faire de notre lumière. Et apparaissent alors des gens différents. Des gens qui ne nous aiment pas pour ce qu’on leur apporte. Des gens qui ne nous choisissent pas parce qu’ils ont besoin de nous. Des gens qui peuvent nous regarder debout sans chercher à nous mettre à genoux. Des gens capables d’aimer notre lumière sans vouloir l’éteindre. Et peut-être que la souveraineté, finalement, c’est exactement cela : ne plus chercher quelqu’un qui ait besoin de nous. Chercher des êtres libres, debout, entiers, capables de nous rencontrer sans nous consommer. Parce que le plus beau lien n’est pas celui dans lequel deux manques s’agrippent. C’est celui dans lequel deux lumières se reconnaissent.🥰MF🥰
0 likes • 21h
Quel magnifique texte et qui arrive dans ma vie juste au moment où je change d’étage !! Pas simple de changer d’étage surtout lorsqu’on y a vécu très longtemps…trop longtemps… j’ai réussi à me séparer de certaines de ces relations qui vous puisent l’énergie mais certains s’accrochent désespérément, incapable d’entendre, culpabilisant et harcelant… tout ce qui est dit est déformé et renvoyé en projection !! Le silence est devenu tellement insupportable pour elle qu’elle m’inonde de messages et viens chez moi pour s’expliquer… on est sur du monologue !! comment couper le lien énergétique pour que ça cesse ? Je pense que je vais devenir dure dans mes propos et blessante, mais cette personne a 78 ans et son état psychique est fragile et se dégrade. Nous sommes plusieurs à être là pour elle mais malgré tout moi je ne peux plus !! Et ça me bouscule énormément.Je sens ma colère qui gronde mais je ne sais pas comment la sortir. Aller crier dans la nature, je suis sans voix… Elle est profonde, remonte de l’enfance et je ne sais pas la sortir. J’ai peur de sa violence !! J’ai analysé pourquoi mais pour pouvoir poser mes limites clairement et sans violence il faut que je retrouve ma sérénité intérieure … alors je respire pour rester dans ma nouvelle fréquence mais mon mental reprend le contrôle dans la journée voir la nuit… J’ai repris depuis quelques mois une thérapie mais pas facile de parler d’énergie dans ce cadre même si ma thérapeute est très ouverte. Je fait le protocole de désemprise tous les jours et j’ai fait les bonhommes allumettes. Est-ce que je dois simplement être patiente le temps que l’énergie se stabilise ou y a t-il autre chose à faire ? Merci d’avance Myriam pour tes conseils précieux
0 likes • 19h
Parce que c’est une bonne thérapeute qui pratique également l’EMDR et qui me fait avancer en parallèle. Je pense que ce n’est pas incompatible. Elle m’accompagne de façon pratique pour gérer certaines situations et est ouverte au travail que je fais à côté. J’ai pu échanger avec elle sur les constellations que j’ai faites avec vous.
Sujet très intéressant : je vous propose mon idée sur l’inhibition intellectuelle
L’inhibition intellectuelle n’est pas un manque d’intelligence. C’est parfois exactement le contraire : une intelligence bien présente, mais devenue difficilement accessible au moment où la personne en a besoin. L’enfant sait, mais ne répond pas. L’adolescent comprend, mais rend copie blanche. L’adulte possède une compétence réelle, mais se sent soudain incapable de réfléchir lorsqu’il doit parler devant quelqu’un, défendre une idée, passer un examen, prendre une décision ou montrer ce qu’il sait. Et l’erreur fondamentale consiste souvent à confondre ce que la personne produit avec ce dont elle est capable. Nous évaluons l’intelligence à partir de son expression. Or une capacité intellectuelle et la possibilité de la mobiliser sont deux choses différentes. La recherche montre notamment que l’anxiété peut mobiliser une partie des ressources attentionnelles et de la mémoire de travail. Autrement dit, lorsque l’esprit doit simultanément résoudre un problème et surveiller le danger, le jugement ou l’échec potentiel, il lui reste moins de disponibilité pour penser. C’est une première clé pour comprendre l’inhibition intellectuelle. Il existe alors un paradoxe fascinant : plus l’enjeu devient important, plus certaines personnes perdent accès à leurs moyens. Elles peuvent parfaitement réussir seules chez elles et échouer lorsqu’elles sont observées. Elles peuvent avoir une pensée extrêmement riche et devenir incapables de trouver leurs mots face à une personne qu’elles considèrent comme supérieure. Elles peuvent comprendre un sujet complexe et se sentir soudain stupides lorsqu’elles entrent dans une salle d’examen. Leur intelligence n’a pas disparu. Les conditions d’accès à cette intelligence ont changé. Le symptôme peut prendre des formes extrêmement différentes : trous de mémoire, impossibilité de réfléchir rapidement, difficulté à organiser sa pensée, procrastination, évitement des tâches intellectuelles, lenteur, sensation de brouillard, incapacité à terminer ce que l’on commence, peur de parler, difficulté à argumenter, résultats scolaires très inférieurs aux capacités apparentes, refus d’apprendre, désinvestissement scolaire ou professionnel. Chez certains, l’inhibition se cache derrière le perfectionnisme. Ils veulent tellement ne pas se tromper qu’ils ne produisent plus. Ils corrigent avant même d’avoir créé. Ils censurent leur première idée, puis la deuxième, puis la troisième. À la fin, il ne reste plus rien. L’extérieur voit quelqu’un qui n’avance pas. À l’intérieur, il y avait parfois une activité intellectuelle considérable. Chez d’autres, elle prend la forme de la procrastination. Ne pas commencer évite momentanément de découvrir que l’on pourrait échouer. Et parfois aussi, plus subtilement, cela évite de découvrir que l’on pourrait réussir. Car réussir n’est pas toujours psychiquement neutre. Réussir peut signifier devenir visible. Être évalué. Être attendu au tournant. Devoir confirmer sa réussite. Être différent. Dépasser quelqu’un. Quitter symboliquement son groupe d’appartenance. C’est ici que nous devons distinguer la cause immédiate de la source. La cause immédiate peut être l’anxiété, la peur du jugement, la surcharge cognitive, le perfectionnisme, l’anticipation de l’échec ou un sentiment d’impuissance appris. Mais la source de cette réaction peut être beaucoup plus ancienne. Un enfant ne construit pas son rapport à son intelligence uniquement à travers ce qu’il apprend. Il le construit également à travers ce qui se passe lorsqu’il montre ce qu’il sait. Imaginez un enfant qui répond avec enthousiasme et entend régulièrement : « Arrête de faire ton intéressant. » Un enfant curieux à qui l’on répond : « Tu poses trop de questions. » Un enfant brillant qui découvre que ses réussites provoquent comparaison, jalousie ou distance. Un enfant qui lève la main et se fait ridiculiser lorsqu’il se trompe. Un enfant auquel on répète qu’il est paresseux, lent, rêveur, incapable, maladroit ou pas fait pour les études. Toutes ces situations ne produisent évidemment pas automatiquement une inhibition intellectuelle. Mais elles peuvent participer à construire une association fondamentale : montrer mon intelligence comporte un risque. La psychologie de l’éducation a également montré que les attentes des adultes peuvent influencer le concept que l’enfant développe de ses propres capacités et, dans certaines conditions, ses performances ultérieures. De la même manière, les phénomènes de menace du stéréotype ont montré qu’une représentation négative associée à l’identité d’une personne peut parfois altérer sa performance dans la situation même où elle cherche à démontrer sa compétence. Nous découvrons alors quelque chose d’essentiel : l’intelligence ne fonctionne jamais totalement indépendamment du contexte psychologique et social dans lequel elle doit s’exprimer. La deuxième grande source est la peur de l’erreur. Nous avons créé des systèmes éducatifs dans lesquels l’enfant apprend parfois très tôt que l’erreur signifie moins de points, une mauvaise note, une correction rouge, une comparaison ou une déception. Pourtant, intellectuellement, l’erreur est l’un des principaux outils d’apprentissage. Un cerveau qui apprend — ou, pour employer un vocabulaire plus psychologique, un sujet qui apprend — doit tester, se tromper, corriger, recommencer. Mais lorsque l’erreur devient une menace identitaire, la personne ne pense plus seulement : « Ma réponse est peut-être fausse. » Elle pense : « Si ma réponse est fausse, cela signifie peut-être que je suis stupide. » À cet instant, le problème intellectuel devient un problème identitaire. Et lorsque chaque réponse devient un référendum sur notre valeur personnelle, penser devient épuisant. Une autre source possible est l’impuissance apprise. Lorsqu’une personne expérimente de manière répétée qu’elle échoue quoi qu’elle fasse, ou qu’elle a le sentiment de n’avoir aucune prise sur le résultat, elle peut progressivement réduire ses tentatives. Elle ne cherche plus réellement la solution parce qu’elle anticipe déjà son impossibilité. Nous voyons alors apparaître une phrase terrible : « Je ne suis pas capable. » Cette phrase n’est plus la description d’une difficulté ponctuelle. Elle devient une identité. Et lorsqu’une croyance identitaire s’installe, elle commence à sélectionner les expériences qui semblent la confirmer. Je ne comprends pas immédiatement : preuve que je suis incapable. Je fais une erreur : preuve que je suis incapable. Quelqu’un comprend plus vite que moi : preuve que je suis incapable. Les réussites, elles, sont parfois attribuées à la chance. Le système devient presque impossible à contredire. Il existe enfin des situations où l’histoire relationnelle ou traumatique doit être explorée. Une insécurité chronique, des humiliations répétées, une violence psychologique ou certaines expériences de domination peuvent rendre l’évaluation particulièrement menaçante. Dans ces situations, l’inhibition intellectuelle peut être comprise cliniquement comme une stratégie de protection : ne pas se montrer, ne pas répondre, ne pas prendre trop de place, ne pas attirer l’attention. Ce n’est pas une explication universelle et il serait scientifiquement abusif d’attribuer toute inhibition intellectuelle à un traumatisme. Mais lorsqu’une personne connaît parfaitement quelque chose et perd systématiquement ses moyens devant certaines figures d’autorité ou dans certaines situations relationnelles, la question mérite d’être posée. Car l’inhibition intellectuelle est quelquefois extraordinairement sélective. Une personne peut être brillante avec ses amis et paralysée devant son patron. Très intelligente dans son domaine et incapable de parler devant sa famille. Créative lorsqu’elle travaille seule et presque vide lorsqu’on l’observe. C’est précisément cette variation qui nous donne une information capitale : lorsque la compétence change radicalement selon le contexte, il faut examiner le contexte avant de conclure à l’incompétence. Alors comment sortir de l’inhibition intellectuelle ? Certainement pas en répétant simplement à quelqu’un : « Mais tu es intelligent, aie confiance en toi. » Si cela suffisait, des millions de personnes auraient déjà réglé le problème. Il faut travailler sur le mécanisme qui empêche l’accès à la capacité. Première étape : séparer l’intelligence de la performance. Une performance est produite à un instant précis, dans un état physiologique précis, devant des personnes précises, avec un niveau de fatigue, d’émotion et de pression précis. Elle renseigne sur ce que quelqu’un a réussi à mobiliser dans cette situation. Elle ne résume pas son potentiel intellectuel. Deuxième étape : restaurer le droit à l’erreur. Une personne intellectuellement libre ne pense pas nécessairement juste immédiatement. Elle peut produire une hypothèse imparfaite, l’examiner, l’abandonner, en produire une autre. La pensée a besoin d’un espace où elle peut exister avant d’être jugée. Certaines personnes ne manquent donc pas d’idées : elles évaluent leurs idées trop tôt. Il faut parfois réapprendre à penser avant de corriger. Troisième étape : diminuer progressivement la menace associée à l’exposition intellectuelle. Parler dans un petit groupe avant de parler devant cent personnes. Produire un brouillon sans obligation de résultat. Répondre avant d’être certain à cent pour cent. Accepter volontairement certaines imperfections. L’objectif est de créer de nouvelles expériences : je peux réfléchir, me montrer, me tromper et rester en sécurité. Quatrième étape : identifier les phrases devenues des identités. « Je suis nul en maths. » « Je n’ai pas de mémoire. » « Je suis lent. » « Je ne sais pas parler. » « Je ne suis pas fait pour les études. » Ces formulations doivent être interrogées. Est-ce une capacité réellement absente ? Une compétence non apprise ? Une difficulté spécifique ? Un état anxieux ? Une ancienne conclusion transformée en identité ? La précision change tout. « Je suis incapable » ferme le système. « J’ai des difficultés à mobiliser cette compétence lorsque je suis évalué » ouvre immédiatement un champ d’intervention. Cinquième étape : lorsqu’une anxiété importante, une histoire traumatique, des humiliations ou des expériences répétées d’échec sont présentes, il peut être nécessaire de travailler directement sur ces éléments avec un professionnel compétent. Car on ne libère pas toujours une inhibition par davantage d’effort. Parfois, l’effort lui-même fait partie du problème. La personne tente depuis vingt ans de forcer une porte qui ne demande pas davantage de force, mais une autre clé. Et cette clé pourrait être la sécurité. Nous avons longtemps posé la mauvaise question aux personnes en inhibition intellectuelle. Nous leur avons demandé : « Pourquoi n’arrives-tu pas à réfléchir ? » Peut-être devrions-nous parfois demander : « Qu’est-ce qui se passe en toi au moment où tu dois montrer que tu sais ? » Cette question change radicalement notre regard. L’enfant qui ne répond pas n’est plus immédiatement considéré comme incapable. L’étudiant qui échoue n’est plus automatiquement défini par son résultat. L’adulte qui perd ses mots devant une autorité n’est plus réduit à sa performance du moment. Nous commençons à chercher ce qui bloque l’accès à ses ressources. Et surtout, nous cessons de confondre intelligence silencieuse et absence d’intelligence. Certaines personnes ont passé leur vie à croire qu’elles étaient moins intelligentes qu’elles ne l’étaient réellement simplement parce qu’elles n’ont jamais rencontré les conditions permettant à leur intelligence de s’exprimer librement. Le véritable enjeu n’est donc peut-être pas d’augmenter leur intelligence. Il est de lever ce qui l’empêche de circuler. Parce qu’une intelligence inhibée n’est pas une intelligence disparue. C’est une intelligence qui a appris qu’à certains endroits, devant certaines personnes ou dans certaines circonstances, il était plus prudent de se taire. Et lorsqu’on identifie enfin ce mécanisme, lorsque l’erreur redevient possible, lorsque la pensée cesse d’être un danger et que l’intelligence n’a plus besoin de demander la permission d’exister, quelque chose de remarquable se produit : la personne ne devient pas soudainement plus intelligente. Elle retrouve accès à l’intelligence qu’elle possédait déjà. MY❤️
7 likes • 17d
Merci Myriam pour ce sujet passionnant ! J’ai travaillé durant 40 ans auprès de adolescents en difficulté scolaire et considérés à l’époque comme « débiles légers ». Pour bon nombre d’entre eux, à cause de nombreux facteurs, des échecs répétés, du jugement porté par l’institution et l’entourage durant toute l’enfance, s’autoriser à réussir était impossible ! C’ était comme trahir la “verite détenue par les adultes “ L’effet Golem … Ayant moi même traversé de longues années d’inhibition intellectuelle liée à un parcours personnel compliqué, j’ai été étiquetée à 14 ans, suite à des tests psy « débile légère ». C’est violent à entendre !! Comment pouvoir atteindre son rêve d’enfant et devenir institutrice … Mais la vie a mis sur ma route un adulte, lui même enseignant en lycée professionnel qui avait compris, qui voyait ce que je vivais et qui a cru en moi !! J’avais au fond de moi une certaine force de conviction mais seule je n’y arrivais pas Il m’a apporté une sécurité affective qui progressivement m’a permis de sortir de ce processus destructeur. Il m’a épaulé auprès de mes parents et m’a considéré comme sa 2eme fille. J’ai passé mon bac et réussi le concours de l’Ecole Normale. J’ai choisi de suite l’enseignement spécialisé. J’ai appris grâce à cet adulte bienveillant et grâce à ce que j’avais vécu durant toutes ces années. J’en ai tiré une force et une compréhension pour pouvoir accompagner durant toute ma carrière ces jeunes. L’intelligence est là, silencieuse comme tu dis, il faut juste accompagner l’enfant ou l’adolescent à retrouver le chemin… L’exemple que je leur donne toujours c’est qu’avant de savoir marcher, ils sont tombés, se sont relevés jusqu’à trouver l’équilibre.. essaie / erreur. Idem pour le langage, le geste graphique… ! On apprend en expérimentant et en se trompant ! Aujourd’hui je croise certains de ces jeunes devenus adultes et qui sont fiers de ce qu’ils ont accompli dans leur études et dans leurs vies. Tous disent la même chose avec leurs mots : on a cru en eux, en leur capacité et potentiel, on leur a permis de se tromper sans jugement et dans un cadre sécurisant, on a su leur redonner confiance à un moment clef de l’adolescence. Ils ont su retrouver le chemin de leur intelligence !
MENSOR —> La révolution psy
Vous êtes intéressés par le fonctionnement humain, vous souhaitez apprendre, comprendre comment fonctionne la psyché? Je vous invite dans cette communauté à me rejoindre pour recevoir des enseignements, partager entre passionnés et accéder à des Lives des workshop, que vous soyez thérapeutes ou pas, je vous invite à partager ma passion et à rentrer dans mon monde avec comme clé de transformation la sagesse. Tous les concepts que je partage ici , N’engagent que moi. J’ai vraiment à cœur de partager mes recherches, mes trouvailles, et tout ce qui me fait vibrer, je suis heureuse de vous transmettre les clés nécessaires pour prendre place dans votre lumière dans votre vraie nature sur votre chemin pour découvrir le monde de la Synchronicité et de la manifestation. Bienvenue à tous les membres à tous les curieux, je vous demande d’être bienveillant les uns envers les autres et d’accueillir le cœur ouvert, ce qui se présente. Merci de partager tout ce contenu avec moi. ❤️
0 likes • Jun 28
Quel beau cadeau !! Merci 😊
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Airault Alixe
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@airault-alixe-5363
Je m’appelle Alixe, j’ai 64 ans et suis retraitée. J’aime apprendre et découvrir de nouveaux domaines. J’aime la vie, les gens, la nature, les arts…

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Joined Jun 28, 2026
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