Et croyez-moi, ce n'est pas une prise de conscience anodine lorsqu'on a consacré une grande partie de sa vie à chercher la vérité, à explorer la spiritualité et à transmettre aux autres ce que l'on pensait avoir compris. Pendant 20 ans, j'ai cru que la lumière était en nous. Qu'il suffisait de s'éveiller, d'élever sa conscience, d'augmenter ses vibrations, de se reconnecter à sa puissance intérieure pour accéder à une vérité supérieure. J'étais profondément sincère dans cette quête. Je pensais avancer vers davantage de conscience et de liberté. Mais c'est précisément là que réside le piège de la fausse lumière : elle ne nous donne pas l'impression de nous égarer. Elle peut, au contraire, nous persuader que nous sommes enfin sur le bon chemin. Et si le plus grand danger n'était pas l'obscurité que nous reconnaissons, mais cette lumière que nous ne songeons jamais à remettre en question ? Pendant toutes ces années, j'ai appris à écouter mon intuition, à interpréter les signes, les synchronicités, les expériences spirituelles comme autant de confirmations. Mais une question ne m'avait jamais véritablement traversé l'esprit : Qui me disait que cette lumière était la bonne ? L'univers est immense. L'invisible nous échappe presque entièrement. Pourtant, nous affirmons parfois avec une certitude déconcertante savoir reconnaître les bonnes énergies, les bonnes fréquences, les bonnes présences. Sur quelle autorité reposait cette certitude, sinon la nôtre ? J'ai commencé à comprendre que la confusion ne résidait pas uniquement dans la nature de cette lumière, mais dans la posture qu'elle m'amenait progressivement à adopter. Car derrière les discours sur l'éveil, l'expansion de conscience, la manifestation et la souveraineté, une même idée revenait : nous possédons en nous le pouvoir de créer notre réalité. Notre conscience pourrait tout transformer. Notre volonté, suffisamment alignée, pourrait faire advenir ce que nous désirons. Et sans même nous en apercevoir, nous finissons par nous attribuer des pouvoirs qui ne nous appartiennent pas.