Pendant longtemps, j’ai cru que vivre, c’était avancer. Faire ce qu’il fallait. Tenir bon. Trouver des solutions. S’adapter. Recommencer quand ça ne fonctionnait pas. J’ai été persévérante. Parfois probablement trop. Parce qu’il y a une chose que j’ai comprise avec le temps : persévérer et s’acharner ne sont pas la même chose. La persévérance nous rapproche de quelque chose qui nous fait du bien. L’acharnement, lui, peut nous maintenir pendant des années dans quelque chose qui ne nous convient plus. Et parfois, il faut une vie entière pour apprendre à faire la différence. J’ai longtemps cru qu’il fallait réparer Réparer les situations. Réparer les relations. Trouver les bons mots. Comprendre davantage. Faire un effort supplémentaire. Donner une autre chance. Attendre encore un peu. Jusqu’au jour où une autre question apparaît : Et si tout n’était pas destiné à être réparé ? Certaines choses sont peut-être simplement destinées à être comprises. Puis acceptées. Et quelquefois… quittées. Pas dans la colère. Pas pour punir. Simplement parce qu’on réalise que continuer nous coûte désormais plus cher que partir. J’ai aussi compris que notre énergie raconte beaucoup de choses Aujourd’hui, j’observe davantage ce qui se passe en moi. Après une conversation, est-ce que je me sens nourrie ou vidée ? Après une journée de travail, est-ce que je me sens stimulée ou complètement épuisée ? Quand je rentre chez moi, est-ce que je respire mieux ? Quand je pense à quelqu’un, est-ce que je ressens de la joie, de la tension, de l’obligation ? Notre énergie nous parle constamment. Encore faut-il arrêter suffisamment longtemps pour l’écouter. Parce qu’on peut s’habituer à presque tout. À être fatiguée. À être déçue. À courir. À trop donner. À attendre. À tolérer. On finit même par appeler ça la vie. Mais est-ce vraiment vivre ? Vieillir m’apprend quelque chose que j’aurais aimé comprendre plus tôt Je ne veux plus remplir ma vie. Je veux habiter ma vie. Je veux avoir du temps pour réfléchir.